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Cours de taille

Cours de taille

Chers amis oléiculteurs,

En ces temps difficiles et extra ordinaires où la France entière est confinée, nous ne sommes pas les plus mal lotis et pouvons compenser notre manque de vie sociale par un regain d’activité au jardin.

Les plus prévoyants ont déjà taillé et nourri leurs arbres. Les autres peuvent encore s’y mettre.

Nos cours de taille du 7 mars dernier, animés par M Serge Grech, ont remporté un franc succès et remis en question quelques certitudes.

Je vais essayer de vous faire un résumé pour ceux qui souhaitent se lancer et qui n’ont pu assister à ces démonstrations, ce qui  n’est pas simple, le cours dure trois heures, mais voici quelques astuces :

Cours de taille:

– commencer par regarder l’arbre avant de le tailler et regarder le niveau bas, les branches avant le feuillage.Le bas avant le haut. Sinon vous ne comprendrez pas pourquoi c’est la pagaille en haut, alors que les réponses sont en bas.

– pour un bon équilibre, l’arbre doit avoir trois charpentières réparties à 120° et de là, les rejetons doivent pousser dans « une part de camembert de 120 degrés pareillement » affectée à cette branche, afin que les branches ne se croisent pas, l’une empêchant l’autre d’accéder à la lumière.Donc tailler toute branche qui part dans la « part de camembert » de l’autre. Si vous avez quatre charpentières soit vous coupez la charpentière supplémentaire (eh oui) , soit vous diminuez les parts de camembert. (précision : toute la démonstration de taille s’est faite avec une mini tronçonneuse et sans sécateur).

– au milieu ce n’est pas une colombe aux ailes déployées qui doit passer mais un moineau. Il faut qu’il reste quelques branches pour faire « une peau de léopard » (taches d’ombres) sur les charpentières. Des branches trop exposées au soleil vont se dessécher. La sève y circulera difficilement.

– on ne taille pas vraiment un arbre, qui repoussera comme il voudra, on essaye de « l’accompagner » en comprenant ce qu’il veut : du soleil. Si un autre le gène, il part sur le côté, et repartira toujours vers le soleil quoi que vous fassiez.

– un bon tailleur sait s’arrêter de tailler, on ne taille pas plus de 30% de l’arbre, on le forme en deux trois ans, pas en une fois. Rappelons que l’arbre survit grâce à la photosynthèse  et qu’il lui faut pour cela un nombre de feuilles suffisant qu’il s’efforcera toujours de produire (je ne parlerai donc même pas ici de ceux qui taillent leurs arbres comme des bonsaï)

– plus on coupe les petits rejetons, plus il en viendra. Si l’arbre est puissant et seul sur une grande surface, il veut pousser, si on le rabat il faut lui permettre de prendre de l’ampleur en diamètre et vice versa.

– il faut privilégier les coupes au Sud, l’arbre remplacera toujours plus facilement une branche au Sud qu’au Nord.

– il ne faut pas tailler en pensant à ce qu’on veut aujourd’hui mais à ce que notre arbre sera demain, penser toujours à l’avenir, au renouvellement, à laisser de petites branches qui démarrent sur du bois jeune pour remplacer à terme les branches vieilles et trop longues où la sève a du mal à arriver.

– on taille en général des pousses très verticales.

– on taille les branches sans feuilles, elles ont manqué de soleil.

– ne pas confondre les gourmands qui partent du pied de l’arbre après une taille sévère, et que vous couperez en été, avec les petites repousses qui partent des branches en trop grand nombre si vous coupez trop de grosses branches. La première année de restructuration, on ne coupe pas toutes les branches à enlever.

Enfin, gardez bien à l’esprit que l’olivier étant un buisson, toute taille approximative ou malhabile ne lui nuira pas, au pire vous n’aurez pas de production d’olive.

Nous vous souhaitons bon courage pour passer cette période et vous donnons rendez-vous très bientôt pour d’autres infos, nous pensons organiser, suite au cours de taille, un cours de greffe au mois de mai, en espérant pouvoir vous revoir d’ici là.

bien à vous

l’équipe du moulin

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